Note conceptuelle de la stratégie d'allocation

 

Les conflits armés continuent de semer la désolation et de provoquer des déplacements importants de population aggravant une situation humanitaire déjà préoccupante 

Au cours du premier trimestre 2017, la situation humanitaire reste extrêmement préoccupante en RCA. La présence et l’activité des groupes armés enclenchés dans la deuxième partie de 2016 se sont intensifiés à travers le pays au cours des derniers mois. Cette intensification s’est traduite d’une part par une résurgence des violences dans des zones déjà affectées et d’autre part, à une multiplication de nouveaux foyers de conflits par répercussion. Le nombre de ‘hotspots’ s’est multiplié et le niveau de tension ne diminue que de manière marginale. Les affrontements entre groupes rivaux et les exactions sur les populations civiles ont engendré des déplacements vers les centres urbains ou en brousse. Ainsi, la multiplicité des foyers de tension et l’inaccessibilité aux services sociaux de base replongent ces communautés dans une précarité socio-économique et sanitaire préoccupante. Plus de 100 000 nouveaux déplacés ont été enregistrés entre le dernier trimestre de 2016 et le premier trimestre de 2017 portant ainsi le chiffre des déplacés internes à environ 402 000 personnes. Il n’est pas exclu que ces chiffres augmentent avec le contexte extrêmement volatile qui caractérise plusieurs régions de la RCA et touche des zones qui sont actuellement relativement calmes. La carte ci-dessus illustre cette situation, à laquelle il faut ajouter les nouvelles flambées de violence récentes dans la zone de Bambari/Bria avec des répercussions déjà perceptibles dans la zone de la BasseKotto.

 

Les conflits armés affectent l’espace humanitaire.

Les conflits armés impactent négativement l’espace humanitaire en empêchant d’une part, l’accès des travailleurs humanitaires aux populations vulnérables et d’autre part, les communautés affectées d’accéder à l’assistance dont elles ont urgemment besoin. Des incidents sécuritaires ciblant particulièrement les acteurs humanitaires soit sur les axes soit dans leurs bases opérationnelles sont souvent rapportés dans les préfectures de la Basse Kotto, Mbomou, Ouaka, Ouham-Pendé et Nana-Gribizi. Cette situation entraîne l’arrêt temporaire des activités avec tous ses corollaires sur les interventions humanitaires en cours et l’aggravation de la vulnérabilité des populations.

 

La réduction des financements humanitaires affecte la réponse humanitaire dans les zones en crises continues et les urgences nouvelles

Le Plan de Réponse Humanitaire (PRH) pour 2017 estime que plus de 2,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire sur une population totale de 4,6 millions tandis que les estimations récentes font état de 426 100 personnes déplacées. Cette évaluation ne prend pas en compte les nouveaux besoins issus des conflits au début de 2017 ainsi que les derniers résultats de l’IPC. 

Dans les crises continues où il y a présence des communautés affectées (déplacés, retournés ou communautés vulnérables), l’accès aux services sociaux de base continue d’être assuré en grande partie par les acteurs humanitaires. Cette assistance est souvent concentrée dans les grands centres urbains (Bambari, Bria, KagaBandoro, Bossangoa, Bangassou) ayant accueillis les flux successifs de personnes déplacées. Les multiples interventions couvrent quelque peu les besoins basiques urgents. Malheureusement les besoins non couverts consécutivement au sous financement du PRH 2016 (37.1%) et celui de 2017 (9.6%) restent préoccupants.

Par ailleurs, de nouvelles flambées de violences sont apparues à la fin de l’année 2016 et se sont étendues en chaînes à d’autres zones relativement calmes durant les quatre premiers mois de l’année 2017 : des dégâts tant humains que matériels ont été rapportés, des déplacements importants de population enregistrés et une assistance humanitaire assez perturbée par la réduction de l’espace humanitaire poussant, des fois, les acteurs humanitaires aux solutions de réponse de dernier recours. Ces nouveaux développements sécuritaires ont engendré de nouveaux besoins surtout dans des zones difficilement accessibles. Aussi, considérant les activités de réponse humanitaire mise en œuvre dans les centres urbains, la nécessité de cibler les axes s’impose.

D’autres zones qui ne sont pas caractérisées par une urgence extrême ne sont donc pas ciblées par les fonds humanitaires. Toutefois les enquêtes menées dans ces zones dégagent des indicateurs socio-économiques préoccupants pour l’accès aux soins de santé et à l’éducation, la production agricole et élevage, la nutrition et l’accès au logement. L’absence de réponse, à travers les fonds de relèvement, en appui aux secteurs socio- économiques de base pourrait plonger ces régions dans une situation humanitaire catastrophique. En définitive, malgré les efforts fournis en réponse d’urgence, le contexte sécuritaire en cours et ses conséquences aggrave une situation humanitaire déjà fortement affectée par la diminution des financements humanitaires (PRH 2016-37.1%) ; 2017- 9.6%) se traduisant par la diminution qualitative et quantitative de l’aide apportée aux populations dans le besoin.

 

Ce sous financement affecte aussi les mécanismes de coordination humanitaire, en particulier les clusters. Tenant compte de l’expérience réussie de 2016 et sur la base du mapping de l’ICC sur les capacités actuelles et à venir des clusters, la structure de coordination intersectorielle est affaiblie avec une diminution croissante du nombre de co-facilitateurs des clusters et l’arrêt des financements de ces postes par d’autres bailleurs. Le financement des postes des co-facilitateurs des clusters pour une durée d’une année s’avère être d’une nécessité opérationnelle impérieuse. Ce financement viendrait en soutien à des clusters qui ont déjà un coordinateur de cluster dédié. 

 

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Country: 
Central African Republic