Country Snapshot

 

Le Mali est confronté à une crise humanitaire complexe. La succession des plus crises alimentaires, au cours de ces dix dernières années, a significativement affaibli les moyens de subsistance des communautés les plus pauvres (Commission européenne, 2016).

 

Cette situation actuelle de crise est d’autant plus aggravée par le conflit interne en cours depuis le coup d’État de janvier 2012, impliquant forces gouvernementales, groupes séparatistes, milices islamistes radicales et les groupes locaux d’auto-défense particulièrement actifs dans la région du nord (AMDH-FIDH, 2012).

 

En plus, ces dernières années, le Mali a traversé à une crise profonde qui a de graves conséquences non seulement sur la situation politique et socio-économique, mais aussi humanitaire. Cette crise trouve son origine dans des facteurs structurels de longue date, tels que la faiblesse des institutions, l'inefficacité de la gouvernance, la fragilité de la cohésion sociale, la faiblesse de la société civile, dépendance de l’extérieur, les effets de la dégradation de l’environnement, des changements climatiques et des chocs économiques. Ces conditions ont été aggravées par des facteurs d’instabilité plus récents, tels que la corruption, les conflits internes et le déclin des moyens de l’armée nationale (MINUSMA, 2016).

 

Malgré la signature d’un accord de paix entre les acteurs armés en mai-juin 2015, la route demeure longue et de nombreux problèmes doivent encore être réglés pour restaurer la paix dans le nord du Mali (ICG, 2015).

 

Les conséquences des divers et multiples chocs continuent d’affecter la population civile, en particulier la plus vulnérable. La restauration difficile de l’État de droit dans la région du nord entretient un climat ambiant de banditisme et de crimes contre les populations civiles. Ce niveau d'insécurité complique fortement l'accès des organisations humanitaires aux populations dans le besoin pour leur fournir des solutions durables (NRC/IDMC, 2014).

 

Aussi, le conflit au Mali va de pair avec une crise alimentaire et nutritionnelle durable qui affecte l’ensemble de la région du Sahel (UNDP, 2013).

 

Apporter une aide adaptée, coordonnée et intégrée aux populations affectées par le conflit représente un immense défi pour les agences des Nations Unies et humanitaires, au Mali, au vu du contexte généralisé d’instabilité et de manque de moyens d'existence durables.

 

Objectifs de la stabilisation …

La stabilisation est à la fois un processus dynamique et un environnement pour la reconstruction durable dans un pays affecté par la crise humanitaire. Au Mali, compte tenu des causes profondes du conflit et des évolutions dans le processus politique, la stabilisation ne sera reconnue effective que si les conditions suivantes sont réunies :

• Le retour des autorités administratives locales et des fonctionnaires de l’état dans les localités du nord et du centre où ils ne sont pas présents ;

• Les populations vivent sans peur de violences de toutes sortes ;

• Les populations sont protégées et ont accès à une justice respectueuse des droits humains ;

• Les populations ont accès aux services essentiels de base et coexistent pacifiquement ;

• Les populations participent à la gestion de leurs affaires, prennent part au processus politique non-violent et bénéficient des services de l’État qui se déploient sur toute l’étendue du territoire national ;

• Les populations rétablissent leurs moyens d’existence et reprennent leurs activités économiques.

La stabilisation est donc à la confluence des actions humanitaires et de développement et exige une approche intégrée qui déclenche un processus de transformation positive dans les communautés affectées par les conflits. La stabilisation consiste donc à développer un paquet d’activités intégrées à court et moyen terme, dans un cadre de relèvement précoce, pour agir sur les facteurs du conflit et faciliter le processus de reconstruction et de réconciliation (Extrait de "stabilisation du Mali: approche intégrée, février 2016").

 

… et du relèvement précoce au Mali

Le relèvement précoce est un élément essentiel pour une réponse efficace à la crise et pour la stabilisation. Ce secteur répond aux besoins de relèvement lors de la phase humanitaire, utilisant les mécanismes humanitaires en accord avec les principes de développement durable (IASC, 2012) notamment, la dimension environnementale, la dimension sociale et la dimension économique.

 

Le relèvement précoce est une approche coordonnée, intégrée et inclusive, utilisant graduellement les dividendes de l’action humanitaire pour renforcer une sortie durable de la crise, pour favoriser la résilience, les opportunités de développement, ainsi que les changements sociaux (UNDP, 2016) .

 

De plus, le relèvement précoce s'aligne à le Core Humanitarian Standard on Quality and Accountability. Le relèvement précoce est aussi un effort essentiel de faire participer les communautés non pas comme des «bénéficiaires» ou «victimes», mais comme des acteurs, des participants et des agents de changement dans la récupération et le processus de résilience (CHS, 2014).

 

Principaux besoins en 2017 et problèmes relatifs

Les besoins en matière de relèvement précoce au Mali portent sur la restauration de l’autorité de l’Etat afin de permettre l’amélioration de l’accès à la justice, l’accès aux services sociaux de base, le relèvement économique pour ce qui a trait aux emplois des jeunes et des femmes, ainsi que de la cohésion sociale.

 

1. Autorité, les services de l’État et des collectivités territoriales

Les partenaires visent à soutenir le redéploiement de l’administration, y compris l’administration territoriale et la justice, afin notamment d’améliorer l’accès à la justice, mais aussi de permettre au gouvernement de mieux répondre aux besoins de la population à travers une meilleure fourniture des services sociaux de base et une meilleure coordination des activités du gouvernement et des partenaires sur le terrain. Afin d’y parvenir, le cluster conduira des activités de réhabilitation y compris pour les tribunaux, préfectures, maisons d’arrêts ou encore commissariats de police, ainsi qu’à travers des formations pour le personnel administratif
et de la chaîne pénale. Les zones prioritaires pour cette action sont les régions de Kidal, Gao, Tombouctou ainsi que les cercles de Youwarou et Tenenkou dans la région de Mopti.

 

2. Relèvement économique local et social

Les partenaires ont pour objectif de répondre aux besoins de relèvement économique
et social des ménages, communautés, organisations de la société civile et du secteur privé. Cette action se concentre sur les régions de Kidal, Gao et Tombouctou mais aussi certains cercles de la région de Mopti qui ont été touchés par le conflit ou qui accueillent de nombreux retournés et rapatriés (Youwarou, Tenenkou, Bandiagara, Mopti et Douentza).

 

L’objectif est de renforcer les moyens de subsistance affaiblis ou détruits par la crise en assurant, par exemple, des études des marché et analyse de la chaîne de valeur pour les produits maraîchers, les produits de l’élevage, de la pêche, des formations professionnelles pour les jeunes, ou encore en soutenant des groupements de femmes à travers des activités génératrices de revenus ou grâce au microfinancement.

 

3. Les services sociaux de base

L’appui aux services sociaux de base a pour objectif d’améliorer l’accès à l’eau potable, à la santé et à l’éducation en apportant un appui complémentaire à celui des acteurs du domaine de l’urgence, en se concentrant sur la réhabilitation et l’équipement d’infrastructures, et le renforcement des capacités minimales de fonctionnement et la promotion des partenariats avec les acteurs non étatiques dans l’amélioration de la fourniture des services de base.

 

Il s’agit enfin de renforcer la cohésion sociale au sein des communautés affectées par le conflit, en se concentrant notamment sur
les communautés comprenant de nombreux retournés et rapatriés, afin de consolider durablement la paix et la stabilité au niveau local. L’action des partenaires se concentrera sur la conduite d’activités soutenant la justice transitionnelle et le dialogue intercommunautaires, et sur l’appui à la réinsertion socioéconomique des retournés et rapatriés.

 

Zones prioritaires d’intervention

Gao

Tombouctou

Kidal

Mopti (Tenenkou, Youwarou, Douentza, Djenné)

Ségou (Niono)

 

Une mission future est Bandiagara, Bankass et Koro sur la même route et le Sud de Djenné, toutes conditions sécuritaires restant par ailleurs égales est prévue.

 

Les axes d’interventions prioritaires nécessaires pour réaliser les objectifs stratégiques

1. Restaurer l’autorité et les services de l’État et des collectivités territoriales

2. Appuyer le relèvement économique local et social

3. Améliorer les services sociaux de base

4. Promotion de partenariats avec les acteurs non étatiques dans l’amélioration de la fourniture des services de base.

 

 
Country: 
Mali